ARNOLD EUROPE 2016. DEXTER JACKSON DÉCROCHE UN RECORD DE PLUS
Par Candi Moro / Photo Manuel Balaguer

Dexter Jackson réitère sa victoire à l’Arnold Classic Europe pour la deuxième année consécutive et ajoute un record de plus à son palmarès compétitif impressionnant.

Presque trente ans se sont écoulés depuis que le premier Arnold Classic en 1989 à Columbus, Ohio, USA, organisé par Arnold Schwarzenegger et son associé Jim Lorimer. Il se peut que vous ne sachiez pas qu’au début, il s’agissait uniquement d’une compétition de culturisme masculin professionnelle et d’une autre dans la catégorie féminine (Ms International), mais ce concours n’a pas mis longtemps à devenir la deuxième compétition la plus importante du calendrier de l’IFBB, après le mythique Mr Olympia.
Au fil des années, le titre de l’Arnold Classic a gagné en prestige et est devenu très convoité par toutes les grandes stars du muscle du moment, qui concourent pour réussir à l’ajouter dans leur palmarès, depuis Rich Gaspari (le premier vainqueur), Coleman, Jay Cutler, Flex Wheeler, entre autres. D’autre part, l’événement s’est également développé commercialement parlant ; en effet, un salon spécialisé sur le fitness s’y est annexé.
L’Arnold Classic a petit-à-petit incorporé de nouvelles catégories comme le fitness, le powerlifting, et autres tests de force, ainsi que de nouvelles disciplines sportives comme les arts martiaux, la gymnastique sportive et bien d’autres encore et qui malgré leur popularité dans la société, ne se voient pas normalement incorporées aux Jeux Olympiques et ont trouvé ici leur meilleur cadre, plus international. Les disciplines sportives qui se sont réunies à l’Arnold Classic furent si nombreuses qu’en fin de compte, c’est devenu l’Arnold Sports Festival, où les compétitions de culturisme professionnel et amateur se démarquent.
L’Arnold Sports Festival a connu un succès mondial, et en vue de sa croissance incessante au fil des années à Columbus, Schwarzenegger et son associé Lorimer ont pris la décision d’organiser une réplique de ce grand festival sportif sur les autres continents et c’est ainsi que la première « succursale » s’est installée en Europe, puisque c’est ici que se trouve la plus grande concentration de culturistes du monde derrière les États-Unis.
Et Arnold et Lorimer ont dû choisir l’Espagne parmi les autres pays d’Europe sûrement à cause de la grande « capacité » organisatrice d’événements internationaux et professionnels, démontrée au fil des années par l’IFBB Espagne. Le fait que l’actuel Président Mondial de l’IFBB soit l’espagnol Rafael Santonja (ami intime d’Arnold) a aussi dû jouer sur la décision, donc en 2011, la première édition de l’Arnold Classic Europe s’est déroulée à Madrid.
Donc c’est dans la capital de l’Espagne qu’ont eu lieu les cinq premières éditions, jusqu’en 2015, toutefois, les installations qui ont accueilli ces cinq éditions sont vite devenues très petites par rapport à la hausse spectaculaire que cet événement sportif a subi. Effectivement, nous avons assisté à un surplus de visiteurs et l’organisation s’est vue débordée au point où de nombreux fans n’ont pas pu avoir accès à l’intérieur puisque la capacité de l’enceinte était largement atteinte. Ce fut une situation indésirable pour un tel événement.
Tout cela a provoqué le changement de lieu de l’Arnold Classic ; de Madrid à Barcelone.
Cette sixième édition, celle de 2016, fut célébrée dans l’enceinte de la Fira Gran Vía de Barcelone, un parc expo doté de fantastiques installations et des milliers de mètres carrés destinés à accueillir cet événement sportif et commercial en plein cœur de la ville comtale.
Désormais, l’Arnold Classic Europe pourra continuer de croître durant de nombreuses années à Barcelone.
Mais centrons-nous sur la compétition proprement dit, c’est-à-dire ce qui nous intéresse vraiment.

Dexter Jackson réitère sa victoire à l’Arnold Classic Europe
Puisque l’Arnold Classic Europe a toujours lieu quelques jours après le Mr Olympia, de nombreux compétiteurs venant de concourir à Las Vegas, se déplacent en Espagne afin de poursuivre leur préparation, raison pour laquelle cette compétition compte également pour beaucoup comme une véritable revanche de l’Olympia.
Lors des dernières éditions, les vainqueurs de l’Arnold Classic Europe furent, en 2011 Victor Martinez, en 2012 Shawn Rhoden, en 2013 Phil Heath, en 2014 Dennis Wolf et en 2015 Dexter Jackson.
Cette année 2016, de nouveau, le vainqueur fut Dexter Jackson, devenant ainsi le seul à avoir remporté deux fois l’Arnold Classic Europe, bon, en fait, il s’est converti en le meilleur vainqueur de ce titre, puisque Dexter Jackson avait déjà remporté l’Arnold Classic USA en 2005, 2006, 2008, 2013 et 2015, battant ainsi le record de Flex Wheeler qui avait gagné l’Arnold à quatre occasions ; mais en 2015, il décrocha également le titre de l’Arnold Classic Australie (l’inauguration sur ce continent) et en 2016, l’Arnold Classic Afrique.
En d’autres termes, il a obtenu ni plus ni moins que neuf titres de l’Arnold Classic.
Lors de cette sixième édition, la première de Barcelone, un total de 17 compétiteurs se sont rassemblés, dont 11 provenaient directement de Las Vegas, où ils avaient concouru au Mr Olympia une semaine auparavant.
Les résultats furent les suivants :

1er Dexter Jackson
En 2015, Dexter Jackson termine deuxième derrière Phil Heath au Mr Olympia, mais cette année, il a dû se conformer avec la troisième place, vaincu par Phil Heath et Shawn Rhoden, et maintenant à Barcelona sans Phil pour lui bloquer le chemin et avec un Shawn apparaissant un peu plus mou qu’à Las Vegas, rien n’a pu l’empêcher de décrocher une autre victoire de l’Arnold Classic, la deuxième dans la version européenne et la neuvième dans sa collection particulière de trophées de l’Arnold. Comme à Las Vegas, Dexter est apparu très découpé et en maintenant sa masse musculaire intacte et d’excellentes proportions, ce qui lui a valu l’approbation du jury.

2e Big Ramy
Ce culturiste égyptien connu comme Big Ramy est le plus gros du circuit professionnel avec des mensurations abyssales et après avoir obtenu la quatrième place à l’Olympia, il a ici convaincu le jury pour monter de deux places jusqu’à devenir vice-champion. Malgré ses gigantesques proportions, il a su maintenir un bon point de découpes et de dureté, ce qui lui servit pour s’attribuer la deuxième place, même si en réalité, il aurait pu apparaître plus sec et sa deuxième place ne fut pas comprise par le public.

3e William Bonac
Le hollandais William fut la surprise à Las Vegas car il est apparu avec une forme impressionnante qui lui a permis de battre de nombreuses célébrités, mais à Barcelone il était encore mieux. Il était dur et présentait de profondes séparations et ses nombreuses striations le rendaient encore plus gros. Les proportions de cet athlète sont fabuleuses, si bien que malgré le gros volume musculaire pour une stature plutôt courte, il présente des lignes très agréables et esthétiques. En définitive, il termine 3e alors qu’il fut 5e à l’Olympia, battant même le vice-champion de l’Olympia, Rhoden.

4e Shawn Rhoden 
À Las Vegas, Shawn s’est opposé à Phil Heath mais à Barcelone, il ne présentait pas la définition particulière qu’il montra une semaine auparavant, mais je pense que la quatrième place est une punition trop sévère, car ses proportions et sa symétrie étaient intactes et exceptionnelles. Ce fut très dur pour Shawn car à Las Vegas, il laissa derrière lui Dexter en personne, Big Ramy et William Bonac, alors que là, il était envoyé derrière eux. Pour beaucoup, cet homme a tout ce qu’il faut pour hériter de la couronne du Mr Olympia.
Le physique de Rhoden est exceptionnel, aussi bien en volume qu’en proportion, symétrie et esthétique. C’est un physique sans failles et même si à Barcelone il aurait pu apparaître un peu plus sec et dur, je pense que la quatrième place était injuste.

5º Roelly Winklaar
Roelly termine sixième à Las Vegas et ici cinquième. À Barcelone, il maintenait intacte toute cette masse musculaire impressionnante, d’où ressortent des bras à vous couper le souffle, des épaules gigantesques, des jambes énormes et un dos large et rocheux, toutefois il est possible que sa mise au point se soit estompée légèrement depuis Las Vegas. Sa férocité à l’heure de poser l’a converti en le préféré du public.

6e Josh Lenartowicz
L’australien Josh Lenartowicz a amélioré sa position finale de trois places par rapport à l’Olympia une semaine avant. Son physique est exceptionnel et il se peut qu’il ne fasse pas partie des athlètes les plus gros et volumineux, mais c’est un des plus équilibrés et proportionnés, en plus de se présenter avec un degré de définition remarquable. Avec un peu plus de maturité, il arrivera tout en haut.

7e Victor Martinez
Victor qui a remporté la première édition de cette compétition en 2011, venait de terminer 13e à l’Olympia une semaine avant et ici il fut septième. Il présente toujours un ensemble très équilibré, avec un bon volume et une bonne proportion, mais il lui manquait un peu de dureté et de sèche, en particulier dans les jambes et il semblerait que depuis qu’il a s’est blessé à plusieurs reprises, il n’a pas été capable de récupérer son ancienne forme.

8e Petar Klancir
Le célèbre croate Petar Klancir fut une grande surprise, car il a battu de grands noms très populaires et des habitués des grandes compétitions. Petar possède beaucoup de muscle et montre une énorme forme en V, de gros bras, une taille serrée et un bon degré de définition. Avec cet ensemble, il devrait progresser dans ses futures classifications.

9e Dallas McCarver
Le jeune Dallas a perdu une place par rapport à sa classification de l’Olympia. L’états-unien qui était probablement le deuxième colosse le plus gros et seulement battu en volume par Big Ramy, semblait avoir perdu de la dureté musculaire par rapport à la forme avec laquelle il est apparu à Las Vegas, même si sa masse énorme semblait intacte. S’il avait été plus sec et découpé, il aurait terminé plus haut.

10e Lukas Osladil
Originaire de la République Tchèque, Osladil est un ancien gymnaste et grâce à cela, Lukas a montré ses grandes qualités pour la pose sur scène en montrant une grande flexibilité et un bon contrôle des mouvements ; mais surtout il a montré un ensemble très bon et équilibré, avec une bonne définition, où se démarquent les jambes avec des ischios puissants, mais il devrait ajouter un peu plus de volume. En fait, il était mieux qu’à Las Vegas, où il a dû se conformer avec la 17e place.

11e Ben Pakulski  
Le canadien Ben Pakulski termine douzième à l’Olympia et ici il s’est amélioré d’une place. Ses points forts étaient toujours là : les jambes énormes avec des mollets spectaculaires, une grande amplitude de dos et ses épaules comme de véritables boules de canon, mais ses points faibles restent les biceps et le pectoral. Toutefois, le pire fut qu’il lui manquait ce point de sèche et de dureté que ses opposants présentaient.

12e Sandro Hofer  
Le suisse Sandro fut une autre agréable surprise pour ceux qui ne le connaissaient pas, car il possède un ensemble au volume remarquable, avec une proportion optimum et il était bien défini.

13e Brandon Curry 
Le vainqueur de la première édition de l’Arnold Classic Brasil, Brandon Curry, a un des physiques les plus harmonieux et agréables du circuit, mais bien qu’il occupe la dernière place à Las Vegas et qu’il ne soit pas dans le top 10 à Barcelone, la proportion du physique de Curry devrait lui permettre de mieux faire et de se présenter plus sec et dur, car même s’il lui manque du volume, il incarne le culturiste qui rappelle le mieux les classiques et cela devrait lui permettre d’atteindre de meilleures positions.

14e Mahdi Ayart 
L’iranien Mahdi Ayart est un culturiste au volume remarquable et même si son ensemble est assez bon, il lui faut affiner sa mise au point et se découper davantage afin de pouvoir aspirer à arriver plus loin.

15e Michael Kefalianos  
Le grec Michael Kefalianos a déjà participé à l’Arnold Classic Europe quelques années auparavant. Son physique est bon en général, car il possède une masse musculaire acceptable, mais également plusieurs points faibles qui gâchent sa symétrie et en plus, il n’a pas non plus atteint ce degré de sèche.

16e Thomas Benagli 
L’italien Thomas Benagli n’a pas pu passer le premier tour qui permet d’accéder aux demi-finales. Le vétéran culturiste possède une esthétique agréable, mais il manque simplement de la masse suffisante, en particulier dans le train inférieur, pour se démarquer dans une compétition de ce niveau, et il n’était pas suffisamment sec.

16e Alexander Fedorov
Il fut un temps où Alexander Fedorov était un enfant prodige du culturisme russe (il fut champion du monde IFBB en tant que junior, justement à Barcelone) et son espoir maximum en vue de l’Olympia, mais une grave lésion du pectoral ajoutés à quelques problèmes personnels l’ont maintenu quelques années à l’écart de la compétition et lorsqu’il est revenu (il y a quelques années), ce n’était plus ce qu’il était. Aujourd’hui, c’est un culturiste mûr et très volumineux, mais il présente une légère déficience dans le pectoral et semble plutôt effacé, ce qui ne lui donne aucune chance dans cette compétition. C’est dommage car il y a quelques années, il était très difficile à battre.

Résultats
1er Dexter Jackson
2e Mandouh « Big Ramy » Elssbiay
3e William Bonac
4e Shawn Rhoden 
5e Roelly Winklaar
6e Josh Lenartowicz
7e Victor Martinez
8e Petar Klancir
9e Dallas McCarver
10e Lukas Osladil
11e Ben Pakulski  
12e Sandro Hofer  
13e Brandon Curry  
14e Mahdi Ayart 
15e Michael Kefalianos  
16e Thomas Benagli 
16e Alexander Fedorov

Oksana Grishina toujours victorieuse, accumulation de titres
La compétition de fitness est de nos jours la plus spectaculaire qui existe dans le domaine du championnat féminin. En effet, on y retrouve des corps exceptionnellement sculptés ainsi que des capacités athlétiques sans comparaison.
Donc neuf fantastiques athlètes du fitness se sont données rendez-vous sur la scène de Barcelone pour le plaisir d’un public enthousiaste et anxieux de voir les meilleurs corps du monde dotés de qualités athlétiques capables d’effectuer des chorégraphies dignes des meilleurs athlètes olympiques, avec des exercices et routines impressionnantes, frôlant le surréalisme.
Cinq des compétitrices venaient directement de concourir à Las Vegas et quatre autres compétitrices se sont unies au groupe pour l’occasion.
Toutefois, aucune ne semblait pouvoir faire descendre la russe Oksana Grishina de la première place du podium, quelque soit l’endroit où elle concourt, car elle accumule titres sur titres. On ne peut nier que ses formes physiques et ses chorégraphies sont de la pure dynamite. Whitney est passée au second plan, gagnant deux places par rapport à la semaine antérieure, alors que Tanji est descendue de la deuxième à la quatrième place, c’est-à-dire celle de Whitney à l’Olympia. Par contre, Regina semble être abonnée à la troisième place puisqu’elle occupe la même qu’à l’Olympia. Chacune d’entre elles a repris les mêmes chorégraphies que celles effectuées quelques jours avant à Las Vegas, donc les différences dans leurs classifications sont probablement dues aux changements physiques que certaines athlètes ont ressenti durant cette semaine, car même si Oksana maintenait la même dureté, en revanche, Tanji était un peu plus molle.
En définitive, ce fut un spectacle de hautes vibrations et avec beaucoup d’énergie qui a gagné le public.

Résultats
1re Oksana Grishina (Russie)
2e Whitney Jones (USA)
3e Regianne da Silva (Allemagne)
4e Tanji Johnson (USA)
5e Diana Monteiro (Brésil)
6e Fiona Harris (Canada)
7e Marta Aguilar (Uruguay)
8e Aurika Tyrgale (Russie)
9e Kristine Duba (USA)